Origine du nom |
Les historiens ne sont pas d’accord sur l’origine du nom de Bailleul. L’un d’eux pense que son nom dérive du mot flamand « Belle » qui serait celui d’une divinité païenne : « Belle ». Dans les temps très reculés, il y avait eu sur la colline un autel consacré à cette déesse. D’autres assurent que « Belle » vient de « Belem » nom d’un chef d’une tribu germanique qui s’était infiltré chez nous, avant les Francs. Un autre historien suppose que le nom français de notre village vient du latin Bailliolum. Une carte éditée, vers l’an 850, indique Bailleul sous le nom de Belliolum. Une étude sur les noms des villes et des villages du Nord donne sur Bailleul diverses appellations : Balloel, Bailleoul, Bailul, Bailloelt (en 1070), Ballol au douzième siècle, Balliu même, qui justifierait en quelque sorte la forme patoisante encore donnée de nos jours à notre commune. Son premier seigneur connu fut Guy dont le nom figure dans une charte du Comte de Flandres en 1047. Son fils Bauduin, figure sur la liste des participants à la joute au tournoi d’Anchin en 1096. Ses successeurs adoptèrent ensuite le nom de Berthoult d’où celui qui est demeuré associé à l’appellation de notre village. Bailleul connut au début du douzième siècle un affrontement dont l’histoire autant que la légende font état. Il s’agissait d’une querelle féodale avec le Baron d’Immercourt, qui de son château de la Brayelle n’hésita pas à rentrer sur nos terres pour rançonner et tuer les serfs qu’il rencontrait. Assisté de Gérard de Sains, Sire de Willerval, les deux camps se rencontrèrent dans les prairies de Saint Nicolas. L’histoire raconte que le combat fut sanglant et bien des hommes périrent tués mais aussi noyés dans la partie marécageuse de l’endroit. |
Nous avons appris à l’occasion de l’étude pour la mise en place de la zone industrielle Actiparc, celle sur laquelle Mercédès avait envisagé de s’implanter, qu’une villa gallo-romaine avait été bâtie sur le versant très ensoleillé des derniers contreforts des collines de l’Artois. Si un jour des travaux sont entrepris, on en saura plus sur la vie de ces lointains ancêtres. On y découvrira sans doute quelques-uns des objets usuels, des armes et les outils dont ils se servaient, mais aucun écrit ne dira le nom et l’occupation des propriétaires. On devinera leur mode de vie - sans doute s’agissait-il d’un riche romain ou gaulois de l’époque – mais on continuera à ignorer la qualité et l’importance de leur entourage. Et si l’on se projette plus avant encore dans la mémoire du temps, nous ne savons presque rien des hommes et des femmes qui vécurent avant eux, sur notre sol, pendant des milliers et des milliers d’années. On les imagine vêtus de peaux de bêtes, errant dans les forêts mystérieuses et quasi impénétrables ou dans les grandes prairies marécageuses des bords de la Scarpe, chassant tout le jour, cueillant des fruits sauvages et fuyant les animaux redoutables et parfois même les hommes, leurs voisins, souvent plus dangereux encore. C’est de cette époque que datent ces monuments de pierre brute : les menhirs, dressés comme des piliers et les dolmens, tables de pierre recouvert d’anciens tombeaux. Ils étaient nombreux, il en reste encore quelques uns. Bailleul en connut sans doute et nous pourrions, ici ou là, les admirer si les guerres n’avaient bouleversé totalement le paysage. On y accédait par la voie nouvellement ouverte pavée de lourdes pierres qu’on retrouva, il y a quelques années au moment de la réfection de la D919. Il n’en reste rien mais les traces des fondations restent parfaitement visibles sur les photographies aériennes. Plus tard, beaucoup plus tard, le village s’implantera autour du château, ceinturé par des murs épais dont on retrouve encore quelques traces lorsqu’une maison s’édifie Rue de la Paix, Rue du Capitaine Lecocq, mieux même sur quelques rares photographies de la Tour d’angle détruite pendant la première guerre mondiale.. |
Et si Bailleul m’était conté |